
Voir quelqu’un s’effondrer en convulsant est déstabilisant, mais savoir reconnaître une crise d’épilepsie et maîtriser quelques gestes simples change tout : vous pouvez réduire les blessures, éviter les erreurs courantes et aider la personne à se rétablir plus sereinement avant l’arrivée des secours. Voici un guide pratique, clair et utile pour agir efficacement.
Sommaire
Comment repérer une crise d’épilepsie en quelques secondes ?
Toutes les crises ne ressemblent pas aux films. Il existe des crises généralisées avec convulsions rythmiques visibles, mais aussi des crises focales où la personne se fige, regarde dans le vide ou présente des mouvements localisés. Si la personne perd conscience, tombe soudainement, bave, ou fait des mouvements incontrôlés des bras et des jambes pendant plusieurs dizaines de secondes, il s’agit probablement d’une crise convulsive généralisée. Si elle reste assise, immobile, et ne répond plus pendant quelques secondes, pensez à une crise d’« absence ».
Un indice précieux : si la personne porte un bracelet médical, un carnet d’épilepsie ou si des témoins indiquent qu’elle est épileptique, adaptez immédiatement votre réaction. Sinon, considérez chaque convulsion comme une urgence potentielle.
Que faire dans les premières 60 secondes d’une crise convulsive ?
Votre priorité est la sécurité. Commencez par sécuriser l’environnement : éloignez meubles et objets durs, protégez la tête avec un vêtement plié si possible, et notez l’heure de début de la crise. Ne tentez jamais de retenir les mouvements violents ni d’insérer quoi que ce soit dans la bouche.
- Protéger la tête sans forcer : un coussin ou un manteau plié suffit.
- Dégager l’espace autour de la personne pour éviter les blessures.
- Surveiller la respiration et la couleur du visage ; si les bronches semblent bouchées, ne paniquez pas mais signalez-le aux secours.
Quand et comment placer la personne en position latérale de sécurité (PLS) ?
La PLS est utile après la fin des mouvements convulsifs, lorsque la respiration redevient régulière. Attendez que la secousse ait réellement cessé : basculez doucement la personne sur le côté pour éviter l’inhalation de vomissements ou de salive. Attention à ne pas la déplacer si vous suspectez une blessure au cou ou à la colonne vertébrale — dans ce cas, stabilisez la tête et appelez les secours.
À quel moment faut-il appeler les urgences ?
Appelez immédiatement le 15 ou le 112 dans ces situations :
- la crise dure plus de 5 minutes ;
- les crises se succèdent sans retour à la conscience entre elles (risque d’état de mal épileptique) ;
- la personne est enceinte, blessée, ou a des difficultés respiratoires persistantes ;
- il s’agit de la première crise qu’on observe chez cette personne.
Si la crise dure moins de 5 minutes et que la personne retrouve conscience, vous pouvez rester vigilant sans appeler d’emblée, mais surveillez l’apparition de signes anormaux ou d’autres crises.
Quels gestes médicaux d’urgence sont possibles hors hôpital ?
En dehors des services de santé, les gestes restent limités : observation, protection et appel aux secours si nécessaire. Certaines personnes épileptiques ont un traitement de secours (par exemple du midazolam buccal ou du diazépam rectal) que seuls des aidants formés et autorisés doivent administrer, selon un plan d’action préétabli avec le médecin. Si vous êtes témoin et que la personne ou ses proches vous demandent d’administrer ce traitement, vérifiez d’abord la posologie et les modalités.
Quelles erreurs fréquentes évitent-elles de nuire ?
Les erreurs courantes et dangereuses sont bien connues : tenter d’entraver les convulsions, mettre quelque chose dans la bouche, donner à boire ou à manger immédiatement après la crise, ou secouer la personne. Un autre réflexe malheureux est d’isoler la personne par peur du jugement social — rester présent et rassurant fait beaucoup. Enfin, déplacer la personne sans motif peut aggraver des blessures.
Comment aider la personne après la crise et quelles informations noter ?
Après la crise, la personne est souvent confuse, somnolente ou embarrassée. Restez calme, parlez-lui doucement et expliquez ce qui s’est passé. Voici ce qu’il est utile de noter pour le suivi médical :
- heure de début et de fin de la crise ;
- description des mouvements (membres impliqués, respiration, morsure de langue) ;
- si la personne a perdu connaissance ou a vomi ;
- antécédents connus (épilepsie, médicaments, allergies).
Ces éléments aideront le médecin à évaluer la situation et à ajuster le traitement si nécessaire.
Peut-on prévenir les crises et quel rôle jouent le suivi médical et le mode de vie ?
La prévention repose surtout sur un bon suivi neurologique, l’observance des traitements antiépileptiques et la gestion des déclencheurs personnels : manque de sommeil, alcool, lumières stroboscopiques, stress intense. Un carnet de crises ou une application peut aider à repérer des schémas. Pour certaines personnes, des ajustements simples comme prioriser le sommeil et limiter l’alcool font une grande différence.
Notez que malgré toutes les précautions, il est impossible d’éliminer totalement le risque de crise : l’objectif est de le réduire et d’apprendre à réagir efficacement lorsqu’elles surviennent.
Cas particuliers : que faire si la crise survient dans l’eau ou en voiture ?
Dans l’eau : sortez la personne de l’eau dès que possible en protégeant la tête et les voies respiratoires. Si vous ne pouvez pas la sortir, gardez-la à la surface et appelez des secours. En voiture : si vous conduisez et sentez qu’une crise arrive, garez-vous en sécurité, mettez les feux de détresse et arrêtez le véhicule. Si vous êtes passager et la personne au volant est en crise, prenez le contrôle du véhicule ou arrêtez-le.
| Durée ou contexte | Action recommandée |
|---|---|
| Moins d’1 minute, reprise spontanée | Surveiller, mettre en PLS si nécessaire, rassurer |
| 1–5 minutes | Protéger, chronométrer, préparer à appeler si pas d’amélioration |
| Plus de 5 minutes ou crises répétées | Appeler urgences (15/112) — risque d’état de mal |
| Crise dans l’eau / blessure grave | Appeler secours et sécuriser immédiatement |
Que doit contenir un plan d’urgence personnel pour l’épilepsie ?
Un plan simple, placé dans le portefeuille ou sur le téléphone, peut sauver du temps : nom, contacts d’urgence, type d’épilepsie, médicaments et posologie, signes habituels avant une crise, instructions pour un traitement de secours si applicable, et toute allergie. Partager ce plan avec la famille, les collègues ou l’école évite la confusion lors d’une crise.
Faut-il craindre que les crises soient mortelles ?
Les décès liés à l’épilepsie existent mais sont rares. Le risque le plus sérieux est l’état de mal épileptique et, à plus long terme, le SUDEP (mort subite inexpliquée chez les personnes épileptiques). Ces risques soulignent l’importance d’un suivi médical régulier, de l’observance du traitement et d’un plan d’urgence bien conçu.
FAQ
Comment savoir si je dois appeler les secours pendant une crise ?
Appelez si la crise dépasse 5 minutes, si plusieurs crises se succèdent sans récupération, s’il y a blessure grave, difficultés respiratoires, ou s’il s’agit de la première crise.
Est‑il dangereux que quelqu’un se morde la langue pendant une crise ?
Les morsures sont fréquentes et douloureuses ; elles justifient une consultation si profondes, mais ne tentez pas d’insérer quoi que ce soit dans la bouche.
Puis‑je donner à boire après la crise ?
Attendez que la personne soit pleinement éveillée et claire dans sa déglutition avant de proposer un liquide pour éviter tout risque d’aspiration.
Existe‑t‑il des gestes de premiers secours spécifiques aux enfants ?
Les principes restent les mêmes : protéger, chronométrer, et appeler si la crise dure. Pour les nourrissons, attention particulière à la sécurité de la tête et à la respiration.
Que faire si la personne reprend immédiatement conscience mais est confuse ?
Restez avec elle, rassurez-la, notez la durée et la nature de la crise, et proposez d’appeler un proche ou un professionnel si la confusion persiste.
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Pierre Lemoine est spécialiste des soins capillaires et des traitements contre la chute de cheveux. Il conseille et rédige des articles sur les solutions les plus efficaces pour conserver une chevelure saine.

